La Guinée prévoit d’introduire le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) dans son Programme national de vaccination en 2027, selon une annonce de la Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Madame Khaïté SALL. Cette mesure vise à renforcer la prévention du cancer du col de l’utérus. La date de lancement, les catégories de personnes concernées et les modalités pratiques de la vaccination restent toutefois à préciser.
La Guinée prévoit d’introduire le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) dans son Programme national de vaccination à partir de 2027. L’annonce a été faite par la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube de son département, dans le cadre des communications consacrées à la lutte contre les cancers.
Cette introduction constituerait une nouvelle étape dans la prévention du cancer du col de l’utérus, l’un des principaux cancers touchant les femmes en Guinée. Mais plusieurs éléments restent à préciser avant le lancement : la date exacte de démarrage, l’âge des personnes ciblées et les modalités de déploiement sur le territoire national.
Le cancer du col de l’utérus, un enjeu majeur de santé publique
Les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer, publiées dans le cadre de GLOBOCAN 2022, classent le cancer du col de l’utérus parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes en Guinée. À l’échelle mondiale, ce cancer a entraîné environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès en 2022.
La maladie est principalement liée à une infection persistante par certains types de papillomavirus humains. Ces virus sont très répandus et se transmettent notamment lors de contacts sexuels. Si la plupart des infections disparaissent spontanément, certaines peuvent provoquer des lésions précancéreuses susceptibles d’évoluer vers un cancer.
Selon l’OMS, la vaccination contre le HPV constitue un moyen efficace de prévenir les infections responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus. Elle est particulièrement indiquée avant l’exposition au virus, ce qui explique que les programmes nationaux ciblent généralement les filles âgées de 9 à 14 ans.
Une introduction dont les modalités restent à préciser
Si l’échéance de 2027 a été annoncée, les informations disponibles ne permettent pas encore de déterminer précisément comment la vaccination sera organisée en Guinée.
Les autorités sanitaires devront notamment préciser la population cible, le calendrier de lancement, les lieux de vaccination et les modalités d’accès au vaccin. Le choix du schéma vaccinal devra également être confirmé dans les directives nationales, conformément aux recommandations applicables et au produit retenu.
Le déploiement nécessitera aussi une organisation permettant d’assurer la disponibilité des doses, leur conservation dans de bonnes conditions et la formation des agents de santé. L’information des parents, des communautés et des personnes concernées sera un autre enjeu, afin de favoriser une bonne compréhension de l’objectif du vaccin et de prévenir la circulation de rumeurs.
À ce stade, aucune date précise de lancement ni aucun calendrier opérationnel détaillé ne sont établis par les éléments consultés. Il convient donc de distinguer l’annonce de l’introduction prévue en 2027 des modalités concrètes de sa mise en œuvre.
La vaccination ne remplace pas le dépistage
L’introduction du vaccin ne rendra pas inutile le dépistage du cancer du col de l’utérus. La vaccination prévient de nombreuses infections à l’origine de ce cancer, mais elle ne traite pas une infection déjà présente et ne protège pas contre tous les types de HPV à risque.
L’OMS recommande ainsi une approche combinant vaccination, dépistage et prise en charge des lésions précancéreuses ou cancéreuses. Ces interventions sont complémentaires et doivent contribuer à réduire les nouveaux cas ainsi que les décès liés à la maladie.
En Guinée, l’enjeu sera donc de faire de cette annonce un programme effectivement accessible à la population visée, tout en poursuivant les efforts de dépistage, de diagnostic précoce et de traitement.
La prochaine étape attendue est la communication des autorités sanitaires sur le calendrier et les modalités pratiques de l’introduction du vaccin. Ces précisions permettront de savoir quand la vaccination débutera, qui pourra en bénéficier et comment elle sera organisée dans les différentes régions du pays.






