Vaccination de bébé à 6 semaines : le Penta et la polio, cinq maladies graves en une injection

À 6 semaines, soit un mois et demi, votre bébé reçoit en une seule injection le Penta, qui protège contre cinq maladies graves. Il reçoit aussi une deuxième dose de vaccin oral contre la polio.

C’est l’un des rendez-vous les plus importants du calendrier. Il ouvre une série de trois doses, à 6, 10 et 14 semaines. Vérifiez la date dans le carnet de vaccination ou demandez-la à votre centre de santé.

Le rendez-vous en pratique

Âge prévu Vaccin Comment il est donné Maladies évitées
6 semaines (1 mois et demi) Penta 1 (DTC-HepB-Hib), 1re dose sur 3 Injection Diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B, infections à Hib
6 semaines (1 mois et demi) VPOb 1, 2e prise après la dose de naissance Gouttes dans la bouche Poliomyélite

Les deux vaccins sont donnés le même jour, gratuitement.

Le Penta : un vaccin, cinq maladies

Le Penta, ou vaccin pentavalent, réunit en une seule injection la protection contre cinq maladies. Cela évite à l’enfant cinq piqûres différentes.

La diphtérie (le « D »). C’est une infection due à une bactérie qui se transmet par la toux et les éternuements. Elle peut former dans la gorge une couche grise et épaisse qui gêne la respiration. Sa toxine peut aussi atteindre le cœur et les nerfs. Selon l’OMS, elle tue jusqu’à 30 % des personnes non vaccinées et non traitées, et les enfants de moins de 5 ans sont les plus menacés.

Le tétanos (le « T »). La bactérie vit dans la terre, la poussière et sur les objets rouillés. Elle pénètre par une plaie et provoque des contractions musculaires douloureuses. Il ne se transmet pas d’une personne à l’autre. Avoir eu le tétanos ne protège pas : seul le vaccin le fait.

La coqueluche (le « C »). C’est une infection respiratoire très contagieuse. Chez le nourrisson, elle peut provoquer des quintes de toux épuisantes ou des pauses respiratoires (apnées). Le risque de décès est le plus élevé dans les premiers mois de vie.

L’hépatite B (« HepB »). Ce virus attaque le foie. Selon l’OMS, un nourrisson ou un jeune enfant infecté garde le virus à vie dans environ 95 % des cas, contre moins de 5 % chez l’adulte. Des années plus tard, cette infection chronique peut causer une cirrhose ou un cancer du foie.

Les infections à Haemophilus influenzae type b (« Hib »). Cette bactérie peut provoquer des méningites (infection des enveloppes du cerveau) et des pneumonies chez le jeune enfant. Malgré son nom, elle n’a rien à voir avec la grippe.

Comment le vaccin aide-t-il ? Chaque dose apprend au corps à se défendre contre ces cinq microbes ou leurs toxines. La protection se construit au fil des trois doses.

Le VPOb 1, la suite de la protection contre la polio

La polio est une infection virale très contagieuse qui peut paralyser définitivement, le plus souvent les jambes. Il n’existe aucun traitement pour la guérir. La dose donnée à 6 semaines poursuit la protection commencée à la naissance. Deux autres doses orales suivront, à 10 et 14 semaines.

Que risque un enfant non vacciné ?

Un enfant non vacciné ne tombera pas forcément malade. Mais il n’a aucune défense préparée contre ces microbes :

  • Le risque d’être infecté. Il augmente là où peu d’enfants sont vaccinés, car les maladies circulent plus facilement.
  • Le risque de forme grave. Chez le nourrisson, la coqueluche peut couper la respiration et la diphtérie bloquer la gorge.
  • Les complications. Elles vont de l’hospitalisation au handicap et parfois au décès. Pour l’hépatite B, la menace est silencieuse : une maladie du foie peut apparaître des années plus tard.

La Guinée en a fait l’expérience. En 2023, une épidémie de diphtérie dans la région de Kankan, surtout à Siguiri, a touché 538 personnes et fait 58 morts entre juillet et octobre, selon l’OMS. Plus de 8 malades sur 10 avaient entre 1 et 4 ans, et aucun n’était vacciné.

Nos conseils pratiques

  • Venez à 6 semaines, sans attendre que l’enfant « grandisse ». C’est l’âge prévu pour commencer la protection.
  • Apportez le carnet de vaccination. Le soignant y notera le Penta 1 et le VPOb 1.
  • Allaitez ou câlinez votre bébé pendant et après l’injection : cela l’apaise.
  • Les jours suivants, surveillez-le. Une douleur, une rougeur ou un gonflement à l’endroit de la piqûre, ou une légère fièvre, sont des réactions fréquentes qui passent en général en quelques jours.
  • Ne donnez aucun médicament sans l’avis d’un agent de santé, et n’appliquez rien sur le point d’injection.
  • Notez la date du prochain rendez-vous, à 10 semaines, soit environ un mois plus tard.

Les questions que les parents se posent

Mon bébé a de la fièvre après le vaccin. Que faire ? Une légère fièvre est fréquente après le Penta. Gardez l’enfant légèrement vêtu et continuez à le nourrir. Consultez sans attendre si la fièvre est forte ou dure plus de deux jours, si l’enfant ne tète plus, pleure sans arrêt, convulse ou semble très abattu.

Mon enfant a déjà plus de 6 semaines. Est-il trop tard ? Non. Présentez-vous au centre de santé dès que possible avec le carnet. L’agent de santé décidera comment commencer ou reprendre la série.

Une seule dose de Penta suffit-elle ? Non. La protection se construit avec les trois doses, à 6, 10 et 14 semaines. Un enfant qui s’arrête après la première reste insuffisamment protégé.

L’essentiel à retenir

À 6 semaines, le Penta 1 et le VPOb 1 lancent la protection de votre bébé contre six maladies graves : diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B, infections à Hib et polio.

Votre action : après la vaccination, vérifiez que les deux vaccins sont inscrits dans le carnet et notez la date du rendez-vous suivant, prévu à 10 semaines. En cas de doute, demandez-la à votre centre de santé.

Sources et vérification médicale

Calendrier vaccinal :

  • Coordination nationale du PEV/SSP de Guinée, Calendrier vaccinal de l’enfant de 0 à 18 mois en Guinée (affiche officielle).

Maladies et vaccins :

Contexte guinéen :